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  • Auteur : Daniel Benamouzig, Joan Cortinas Muñoz
  • Paru le : 13/05/2022
  • Éditeur : Raisons d'Agir
  • Collection(s) : RAISONS D'AGIR
  • Nombre de pages : 176
  • Format : 17,5 x 11 x 0,9 cm
  • Poids : 144 g
  • Référence : 9791097084257
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Résumé

Le rôle de l’industrie agroalimentaire dans la production des normes sanitaires est bien connu, comme par exemple lors du rejet d’amendements à la loi Agriculture et alimentation (dite Egalim) visant à équilibrer les relations avec les agriculteurs et à promouvoir une alimentation saine et durable. Cependant, ce rôle est rarement compris dans toute sa complexité et toutes ses ramifications, bien plus invisibles et prégnantes que l’on pourrait le croire.
L’agro-industrie prend en effet le contrôle de la politique nutritionnelle qui devrait être du ressort de l’État, en prenant en main, d’abord la recherche, ensuite la formation et la mise à l’agenda de toute forme de politique publique dans ce domaine. Elle maîtrise la production d’informations, y compris scientifiques, elle se construit une image positive en participant à toutes sortes d’associations, d’événements, de financements de recherches et d’expertises, etc.
Loin d’être une simple affaire de comportements individuels, de conflits d’intérêt des scientifiques, de cynisme des industriels ou de faiblesse morale des politiques, la prégnance des intérêts économiques est ici systémique. Ce livre montre qu’elle est le produit du travail de longue haleine d’une multitude d’organisations et de professionnels, dont c’est le métier. Leur travail façonne les espaces d’intervention des experts et des décideurs. L'industrie agroalimentaire fait prévaloir ses points de vue et intérêts en s’immisçant dans des espaces scientifiques, politiques et philanthropiques.
L’enquête sociologique présentée dans ce livre offre – pour la première fois en France – une vision d’ensemble des interventions mises en œuvre par l’agro-industrie, en décrivant par le menu les différents types de stratégies, leurs supports organisationnels et humains, ainsi que les espaces sociaux qui en sont le produit. Ces résultats permettent de se faire une idée plus juste de la place des intérêts économiques dans la décision publique en matière d’alimentation et de nutrition, et dans une certaine mesure de s’en prémunir.